Waterloo : 1 km à pied, ça use, ça use…
Dans l’art de la guerre, parvenir rapidement sur le champ de bataille constitue un enjeu central. César y excellait. Puis vint un maître, qui porta cette capacité à son sommet : Napoléon.
La performance est d’autant plus remarquable qu’à l’époque, la force motrice était presque exclusivement humaine et animale. En outre, il fallait nourrir les hommes, capables de parcourir trente, voire quarante kilomètres par jour, mais aussi les milliers de chevaux qui tiraient les canons, les caissons et les chariots.
D’aucuns décrivent l’entrée en campagne de 1815 comme l’ultime chef-d’œuvre de Napoléon. En quelques jours, il parvint à concentrer 125 000 hommes, jusque-là répartis entre Paris et la frontière du Nord, aux abords immédiats de la Belgique, face à Charleroi — prêts à combattre.
Dans un prochain fragment, nous entrerons dans la mécanique de cette prouesse : les kilomètres parcourus, l’énergie dépensée, les quantités de pain et de fourrage nécessaires, les chevaux, les bœufs, les canons et les convois.
Napoléon était capable de mettre en mouvement l’équivalent de la population d’une ville comme Clermont-Ferrand, de faire converger cette masse humaine — parfois sur plusieurs centaines de kilomètres — par des routes de terre souvent peu praticables, et de la porter, en une semaine, à la frontière, prête au combat.
Vertigineux. Mais non sans déchets…