Comprendre

Comprendre.

Rien n’est plus intéressant que de comprendre ce qui a sous-tendu une décision.

En ce sens, l’Histoire est une matière précieuse. Que savait ce maréchal avant de décider ? Que voyait-il ? Qu’entendait-il ? De quelles informations disposait-il ? Quelle confiance pouvait-il accorder à ceux qui les lui transmettaient ? Et surtout : quelles étaient les incertitudes au moment où il devait choisir ?

J’essaie d’appliquer la même approche dans mon travail d’ingénierie.

Je suis intervenu récemment pour une collectivité où le nouveau maire reprochait à son prédécesseur une décision qu’il jugeait mauvaise. Factuellement, elle n’était sans doute pas la meilleure.

Mais il fallait aussi revenir au moment où elle avait été prise.

La Russie venait d’envahir l’Ukraine. Le prix du gaz avait augmenté de près de 300 %. La pérennité même de son approvisionnement n’était plus garantie. Dans ce contexte, ce qui peut sembler discutable quelques années plus tard retrouvait alors une logique, née d’une situation exceptionnelle et d’une forte incertitude.

Comprendre n’exonère pas de l’analyse critique. Cela ne transforme pas une mauvaise décision en bonne décision. Mais cela oblige à la regarder avec les informations et les contraintes de celui qui l’a prise.

Nous jugeons avec le recul. Eux décidaient dans le brouillard.

Et il faut accepter de retourner dans ce brouillard, d’en retrouver les incertitudes et les angles morts.

Pour mieux résoudre les problèmes du présent.

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