Critique du film “La bataille De Gaulle - partie 2 : j’écris ton nom”
Le film démarre dans le désert de Libye. Un campement de soldats italiens, alliés du Reich. Ceux-ci rigolent avant qu’une tornade ne débarque, portée par le général Leclerc — un formidable Niels Schneider — et ses troupes.
Copyright : © 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma
Plus loin dans le film, Leclerc dira de ses hommes, mélange de Français des colonies, de Français de métropole et de résistants au nazisme venus de l’Europe entière, qu’ils ont l’air de clochards, mais que dans le désert, ils vont vite comme personne et savent se battre.
Leur énergie irradie le film et nous capte instantanément.
Le reste est à l’avenant, suivant en alternance le combat de De Gaulle, dans une solitude qui ne fait que renforcer son mérite, et la lutte puis l’organisation de la Résistance et de l’Armée secrète en France. Eux aussi sont souvent terriblement seuls.
À plusieurs reprises, pendant les longs moments d’isolement du général de Gaulle, interprété magistralement par Simon Abkarian, j’entendais la voix d’Alfred Deller résonner en moi, chantant O Solitude de Purcell.
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Je ne détaillerai pas chaque scène. Ce film est notre Histoire.
Il faut vous y rendre.
Le mérite du réalisateur est d’enchaîner les moments épiques avec des phases beaucoup plus subtiles. Les acteurs sont à l’avenant, comme Félix Kysyl, également remarquable en Jean Moulin.
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C’était une époque où les hommes d’armes se vouvoyaient. Derrière leur épaisse carapace, la sensibilité n’était jamais bien loin. Il y a ce moment où De Gaulle retrouve Leclerc dans le désert. Le premier demande au second de libérer Paris avant les alliés, et termine l’ordre écrit qu’il lui remet par ces mots : « À Paris, mes mains dans les vôtres. » Dans le film, les deux hommes ont les larmes aux yeux.
C’est tout simplement beau parce que c’est juste.
Juste aussi, cette autre scène où Leclerc croise le général Giraud, le candidat des Américains pour remplacer De Gaulle. Ils sont adversaires, profondément, mais ils s’estiment. Là encore, pas besoin d’en rajouter.
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La scène qui m’a le plus marqué reste pourtant une bataille dans le désert entre les hommes de Leclerc et les Allemands. À un cheveu de perdre, Leclerc, conscient qu’il va probablement mourir, demande à un journaliste américain présent de partir vers l’arrière et de raconter que les Français sont restés unis, qu’ils n’ont pas reculé et, surtout, qu’ils sont invaincus.
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Invaincus.
Le mot devient presque un mantra qui irradie toute la Résistance.
Invaincu, qui sera aussi, dans le film, le dernier mot de Jean Moulin avant de tomber sous les coups des nazis.
En sortant du cinéma, je chantais El pueblo unido jamás será vencido.
Il nous faut maintenant une suite.
L’épuration. Puis la réconciliation.
Parce que de notre grande Histoire, il faut tout regarder.
Le beau comme le sombre.