Carte postale du château d’Eu
Le château d'Eu se trouve dans la ville éponyme en Seine-Maritime. Il s'agit de l'ancienne résidence d'été du roi Louis-Philippe. Je connais finalement assez mal ce roi. Je sais que suite à la révolution de 1830, il a succédé à Charles X, frère de Louis XVIII. Je ne me souvenais par contre plus qu’il y eut un bref intermède entre les deux, assuré successivement par le fils et petit-fils de Charles X. Pour résumer, la France eut 4 rois en une semaine.
Autre point intéressant, Louis-Philippe appartenait à la branche d'Orléans, branche cadette des Bourbons, contrairement à Louis XVIII et Charles X qui appartenaient à la branche aînée.
J'imagine ce roi comme un homme ayant assuré une sorte de transition entre la royauté traditionnelle et la République. Il ne fut d'ailleurs plus « roi de France », mais « roi des Français ». Ayant compris l'importance de l'homme pour une partie de la population, il eut également le mérite d'organiser le retour des cendres de Napoléon en France.
J'aime observer les portraits surannés de ce souverain qui abusait du fer à friser, privilège que je ne peux malheureusement plus m'offrir.
Le château est ceint d'un magnifique jardin qui n'est pas au mieux de sa forme, la canicule étant passée par là. La visite des pièces nous montre une décoration de style « Louis-Philippe », qui n'est pas mon préféré.
Vue du buffet situé dans le réchauffoir au premier étage. Les mets y arrivaient des cuisines par un ascenseur, avant d’être dressés dans les assiettes prêtes à servir.
J'apprends que le château fut bâti à partir de 1578 par le duc de Guise. Voulant étaler ma culture, je fais part au personnel de mon étonnement : je ne savais pas que François Ier avait bâti ce château. On m'apprend alors qu'il existait d'autres Guise, et que celui-ci était Henri Ier de Lorraine, duc de Guise, dit le Balafré, marié à Catherine de Clèves. Je n’ose alors demander au guide si Catherine de Clèves a quelque chose à voir avec la Princesse de Clèves…
Je retiens également un grand salon d'apparat où les occupants se retrouvaient après le repas pour jouer à des jeux de société et écouter de la musique. En ce temps-là, les écrans n'avaient pas encore envahi nos vies. Nous observons également une étonnante salle de bains avec un poêle pour chauffer l’eau. Le mitigeur thermostatique n’avait pas encore été inventé.
Je découvre également une bibliothèque mêlant notamment ouvrages espagnols et lusitaniens. Il y a une bonne raison à cela : le petit-fils de Louis-Philippe, Gaston d'Orléans, comte d'Eu, épousa Isabelle du Brésil, fille aînée et héritière de l'empereur Pedro II. De leur union naquit la branche des Orléans-Bragance, toujours liée à l'ancienne famille impériale brésilienne. Je me demande si leurs descendants écoutent de la bossa nova.
Ce château fut également un lieu de diplomatie très important. Louis-Philippe y accueillit la reine Victoria en 1843 puis en 1845, dans un spectaculaire rapprochement entre Français et Britanniques.
Quelques décennies plus tard, les grandes familles régnantes européennes, largement apparentées entre elles via la reine Victoria, se retrouveront pourtant engagées dans la Première Guerre mondiale. Décidément, les histoires entre cousins...
Certains témoignages disent qu'il n'y a pas grand-chose à faire ou à voir au château d'Eu. Pour ma part, j'y ai passé trois heures bien agréables.
Vue de la Collégiale Notre Dame de Saint-Laurent d’Eu que nous n’avons malheureusement pas eu le temps de visiter, mais qui mérite le déplacement, notamment pour ses gisants. Elle se trouve en face du château.